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Réception

Salué, puis enterré, puis relu.

Les recensions marquantes de 1985 à 2023, chacune avec son critique, son organe et sa date.

L’arc compte davantage que chaque verdict. Le premier roman est pris au sérieux d’emblée. Le troisième est condamné trois mois avant que quiconque puisse le lire, par un critique travaillant sur des extraits. Puis la critique du New York Times qui l’avait lancé trouve du sentiment chez lui vingt ans plus tard, et en 2023 on le recense de nouveau comme romancier plutôt que comme scandale.

Une sélection de recensions marquantes, non une revue de presse. Rien n’est listé sans organe nommé ; le critique est nommé chaque fois que la recension est signée.
1985

Less Than Zero

« L'un des romans les plus dérangeants que j'aie lus depuis longtemps. Il dégage un air de réalité documentaire qui met mal à l'aise. »

Michiko Kakutani · The New York Times · 1985

Le premier roman est pris au sérieux d'emblée, et inscrit dans une filiation : Kakutani entend Chandler, Didion et Nathanael West dans son Los Angeles.

1991

American Psycho

« Le journal qu'aurait tenu Dorian Gray s'il avait été lycéen. »

Roger Rosenblatt · The New York Times · 16 décembre 1990

Écrite trois mois avant que quiconque puisse lire le livre, et approuvant son annulation. La critique la plus lourde de conséquences de sa carrière, et c'était une critique d'extraits.

1991

American Psycho

Henry Bean · Los Angeles Times · 17 mars 1991

Ce qu'Ellis a appelé la seule bonne critique de la presse nationale. Le journal y a répondu par trois pages de résiliations d'abonnement.

2005

Lunar Park

« Traversé de part en part par le manque. »

Michiko Kakutani · The New York Times · 14 août 2005

Vingt ans après le premier roman, la même critique trouve du sentiment là où elle avait trouvé de la platitude.

2005

Lunar Park

« À la fois troublant et émouvant. »

Mark Lawson · The Guardian · 30 septembre 2005

Sur le nombrilisme du roman, que la critique traite comme son sujet plutôt que comme son défaut.

2019

White

« Des textes bien écrits, pleins d'aplomb et d'assurance, mais parfois aussi péremptoires que ceux qu'Ellis condamne. »

Kirkus Reviews · 2019

Le virage vers la non-fiction est accueilli froidement, y compris par des organes favorables à la fiction.

2023

The Shards

« Le point culminant du roman et son dénouement finissent par tomber à plat. »

Melissa Broder · The New York Times · 14 janvier 2023

Une critique sérieuse et partagée : elle trouve que le livre invite le lecteur plus loin dans le sentiment qu'aucun Ellis avant lui, puis juge la fin ratée.

2023

The Shards

« Deux romans disparates. »

Publishers Weekly · 2023

L'objection récurrente à l'œuvre tardive : un faux mémoire et un thriller de tueur en série qui ne fusionnent jamais.